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Mardi 17 juillet
A 10H00 du matin, il fait déjà très chaud et le soleil frappe déjà très fort.
Nore balade matinale est donc le seul moyen de visiter la ville à pied sans
souffrir de la chaleur. En plus, cela nous donne l'occasion d'observer la ronde
des bonzes. En effet, s'il y a très peu de moines bouddhistes au Vietnam pour
le moment -la religion n'est pas trop le truc des communistes au pouvoir- il
y en a par contre énormément au Cambodge. Vêtus de leur grande robe orange,
beaucoup poussent la coquetterie à assortir leurs tongs et leur parapluie en
choisissant des couleurs du même ton. Et tous les matins, ils sillonnent la
ville, seuls ou par groupes de 3 ou 4, et s'arrêtent devant les portes des commerçants
et des particuliers pour leur demander l'aumône. Et ça marche. Au lieu de rester
dans leurs temples, ils vont chercher leurs fidèles sur place. En échange d'un
petit billet, le donnateur a droit à une petite prière qui l'aidera peut-être
à être réincarné dans une vie meilleure... Sont forts ces religieux... Au fait,
le parapluie sert aussi et surtout d'ombrelle.
En arrivant vers le palais royal, sur les trottoirs de l'assemblée nationale,
on aperçoit plein de gamins qui ont quitté leur classe mais pas leur uniforme
pour venir s'entasser là. Il y en a des dizaines et des dizaines, ils ont de
petits panneaux avec le portrait du roi et d'un autre type qu'on ne connaît
pas. Ils attendent là, et leur roi leur sert à se faire de l'ombre. En face,
un groupe de personnes assises dans l'herbe avec des affiches en khmer semblent
manifester, bien entourées par des policiers en uniformes. En arrivant devant
le palais royal, on rencontre des centaines de gamins, mais aussi une fanfare
de jeunes filles. Tous attendent le roi nous explique un moto-taxi francophone,
qui doit sortir -à 98 ans est-ce raisonnable- pour aller chercher à l'aéroport
le président de Corée en visite officielle. Au bout d'une vingtaine de minutes,
tout le monde s'affole, les tambours résonnent. Entouré d'un vingtaine de motards,
le roi Sihanouk passe dans sa grosse voiture noire saluant les enfants simultanément
des deux côtés de la rue. Avancé sur son siège, les bras levés et remuant les
mains, il a l'air d'essayer de s'envoler!
Sur la route, on passe devant d'énormes maisons, de tout nouveaux bâtiments
un peu kitsches qui ressemblent à de gros gâteaux d'anniversaire pleins de fioritures.
Equipées d'énormes antennes, elles ont l'air très spacieuses et luxueuses et
leurs habitants doivent être les mêmes personnes qui possèdent les gros 4X4,
les Mercedes et les téléphones portables et qui achètent des vélos taille enfant
pour leurs gamins.
Les enfants plus modestes doivent faire preuve de plus d'agilité pour utiliser
les vélos des grands. Touchant à peine les pédales et ne pouvant pas s'asseoir
sur la selle, on en aura croisé tout au long de notre voyage en Asie.
Téléphones, voitures, maisons, tous ces signes extérieurs de richesses contrastent
tant avec d'autres côtés tellement plus rudimentaires de la ville. Les rues
non goudronnées, la terre rouge poussiéreuse et les cailloux, les maisons et
les cabanes en bois et en tôles, les gamins dévêtus dans les rues qui font la
manche ou les poubelles. On se croirait de temps en temps en Inde. Des murs
entiers servent de WC publics et les odeurs de pisse, de poubelles et d'égoûts
se mélangent aux odeurs de bouffe... Cela nous surprend après la Thaïlande,
le Laos et le Vietnam qui étaient très propres.
L'après-midi, on visite Tuol Sleng, une ancienne école, aujourd'hui
musée, plantée au milieu des maisons de banlieue et qui servit de prison pendant
le régime Khmer Rouge. Lorsqu'en 1975, les américains quittent la région, les
Khmers Rouges sortent de la jungle et prennent le contrôle du pays. Ils pensent
que la religion va à l'encontre du bonheur des gens et détruisent temples et
mosquées. Il pensent que l'éducation va à l'encontre du bonheur des gens, les
écoles sont rasées, les instituteurs et professeurs sont tués. Ils pensent que
la ville va à l'encontre du bonheur des gens et les villes sont vidées, les
usines, les hôpitaux et les infirmeries sont détruits. Et dans cette prison
appelé S-21, les gens sont minutieusement torturés. Un registre précis est tenu
et chaque prisonnier est photographié avant et quelques fois après la torture.
Nez, oreilles, ongles arrachés. Crânes d'enfants fracassés contre les arbres...
En 4 ans, sans doute 2 ou 3 millions de cambodgiens massacrés. Sur une population
d'à peine 10 millions... Les Khmers Rouges et leur chef Pol Pot s'attaquent
aussi au Vietnamiens, animés d'une véritable haine raciste, L'armée vietnamienne
mettra fin au régime Khmer Rouge et au génocide en envahissant le pays en 1979.
Mais les Khmers Rouges resteront actifs et meurtriers jusqu'en 1996 où ils mettent
fin à leur guérilla et rejoignent le gouvernement. En 2001, beaucoup attendent
encore que la justice soit rendue, même si Pol Pot, mort le 15 avril 1998, lui
aura définitivement échappé...
Suite du voyage : En route pour Siem Reap
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Cambodge
Phnom Penh
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