|
Jeudi 30 août
En Patagonie et en Terre de Feu, les premiers habitants, les natifs, étaient
les Alakalufs, les Onas, les Yamanas et les Tehuelches du sud encore appelés
géants de Patagonie en raison de leur grande taille. Les éleveurs étrangers
sont arrivés, ont clôturé pour élever leurs troupeaux de moutons. Les tribus
du coin, chasseurs, pêcheurs mais pas guerriers du tout, ont naturellement chassé
les moutons avec leurs arcs et leurs flèches, pour eux la propriété était une
notion inconnue. Cela a fâché les riches fermiers, anglais surtout. Ils ont
alors offert des primes à qui ramènerait les oreilles et la tête de ces "sauvages"
comme preuve de leur mort. Hommes, femmes, enfants y sont passés et ils ont
été exterminés. Les quelques centaines de survivants ont été parqués sur l'île
de Dawson par les missionnaires pour être "éduqués", véritable prison où on
les a obligés à se vêtir à l'européenne, à travailler et à se convertir au catholicisme.
On a vu des photos de cette période au musée salésien de Punta Arenas, aucun
doute possible, ils ont l'air tristes comme les pierres et "importés" dans un
monde qui n'est pas le leur. Monde dans lequel ils ont en plus été agressés
par les maladies amenées par les colons. Aujourd'hui, il n'en reste plus.
Un Français, capitaine de baleinier avait capturé 11 Indiens et les avait ramenés
en France pour les exposer dans une cage comme anthropophages à l'Exposition
Universelle de Paris, avant qu'un missionnaire se demande pourquoi on enfernait
sans raison des hommes innocents et les libère. Un seul s'est posé la question!
C'était en 1889...
Ca tangue. C'est normal, on est sur le bateau qui va à Porvenir en Terre de
Feu. Le bout du monde encore une fois. La Tierra Del Fuego est l'île la plus
grande d'Amérique, tellement vaste qu'autrefois on la prenait pour un continent:
la Terra Australis Incognita. Deux nations se partagent le territoire fuégion:
le Chili et l'Argentine. Nombre de ses habitants sont les descendants d'européens
du centre venus à l'époque de la ruée vers l'or.
Il y a un grand oiseau noir qui suit le bateau. Il se croit à la fête foraine,
il n'arrête pas de faire le grand huit, et sans effort, porté par le vent. Hop,
vers le haut, demi-tour sur l'aile (hi! hi! hi!), plongeon, rase-vagues en suivant
les creux, remontée porté par le vent, planer et ça repart pour un tour. C'est
sympa de nous accompagner pendant la traversée du détroit de Magellan. Nous
avons 19 milles marins (34 km), avançons à 15 km/h, sur un océan profond de
190 mètres. Souvent, les vents sont de 50 à 180 km/h ici.Nous croisons un marin
qui, il y a 5 ans, a fait cette traversée en bateau de papier! Plein de couches
de goudron sur le papier, un mini moteur, une combinaison sèche et, 6h30 plus
tard, il avait traversé! retour impossible, le papier a lâché.
Ici, on a l'impression que le ciel est plus grand que partout ailleurs, il
prend toute la place. En plus, els nuages sont magnifiques, de toutes les formes
à la fois, souvent très étirés. On ne pourrait probablement pas prévoir la météo
avec, dixit le marin Ludo, c'est trop varié.
On a marché sur la Terre de Feu! Et même que pour marquer le coup, j'ai fait
une pirouette dessus et aussi la roue! C'est génial de se dire qu'on marche
au bout du monde (même quand on est en train de tourner autour). On reviendra
plus tard, quand on sera riches et on ira en Antarctique voir les manchots royaux.
La Terre de Feu, c'est super surtout parce que ça m'a permi de voir un sourire
sur le visage de Marion qui lui remontait jusqu'aux oreilles et même plus haut
encore... Elle n'aurait pas été plus heureuse petite en voyant le père Noël.
Et ça, c'est chouette... On a fait une demi pellicule de photos pour immortaliser
l'instant, debout, assis, couchés...
Suite du voyage : Punta Arenas
|
Chili
Porvenir
|
Chili
Porvenir
|
Chili
Porvenir
|
|
|