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Samedi 3 mars.
On a une drôle de sensation en débarquant à Goa. C'est plus propre qu'ailleurs,
moins bruyant, moins agressif, plus vert, plus souriant, les femmes ont des
tenues et attitudes plus cools: cheveux courts, jupes sous le genoux au lieu
du sari, etc. Et pour la première fois, c'est une femme qui nous reçoit à l'hôtel
et règle tout avec nous! Dingue. Bref on ne se croirait pas en Inde. L'Israélien
nous avait bien prévenu: "Listen, Goa is NOT India!". En fait, cela a été colonisé
par les Portugais qui y ont laissé quelques maisons de style portugais et la
religion catholique (Jésus et Marie sont tout de même honorés par de beaux colliers
de fleurs oranges, comme Shiva, Vishnu et les autres!). Tellement catholiques
d'ailleurs, qu'on a même vu des gens suivre la messe de dehors tant l'église
était bondée! A faire pâlir d'envie les prêtres de chez nous. Et là, je n'ai
même pas parlé de la plage paradisiaque, très longue, bordée de cocotiers et
recouverte de sable blond.
Dimanche 4 mars.
Au menu hier soir: calamars grillés et ... carbonara qui sent le lait pour
Lionel! (faut dire que Lionel déteste le lait en plus il n'a pas de chance avec
les pâtes, sa première tentative lui a amené d'horribles pâtes oranges trop
cuites). Avant hier, un super poisson nommé pomfrette, excellent! Ici, il y
a plein de poissons et crustacés, c'est tout de même pas donné (300 roupies
le pomfrette pour 2 - 50 FF), de toutes façons, Goa est plus chère que le reste
de l'Inde. Mais "Goa is NOT india"! Alors, on revient à nos premières amours
pour le p'tit dej, fried Dahl, plain rice, 2 chapattis (lentilles, riz et chapattis).
Ca a le mérite de caler, d'être économe (on peut s'en tirer à 50 roupies). Et
en plus on s'y est attaché à notre Dalh rice quotidien ! Ici, sur la plage de
rêve, on croise vaches et cochons, seules manquent les chèvres pour qu'on se
croie en ville.
Lundi 5 mars.
C'est vraiment le paradis ici. La longue plage, les cocotiers, le soleil, on
se laisse volontiers aller à l'idée qu'il s'agit d'une île déserte et qu'on
est Robinson Crusoé. Le soir, lorsque le soleil décline, foots et volleys démarrent
sur la plage et de nombreux baigneurs se mettent à l'eau au coucher du soleil.
Atmosphère relaxe! Ca y est, on a trouvé le moyen de faire des économies (faut
tenir un an). On s'est acheée une gamelle en plastique (5 roupies) pour se faire
des salades à midi! On a trouvé des tomates, par contre il n'y avait pas de
thon et les boîtes de maqueraux avait un méga format familial! On a temporairement
remplacé la salade par une pastèque. Et le matin, fromage dans chapattis (pain),
ça cale quelques temps. Et le soir, festin! Pour info, en ce moment, on tourne
à 600 roupies par jour, soit 100 FF à deux. Le soir, nous sommes allés au Jackson
restaurant. Carrément à l'écart des autres et d'un style complèetement difféerent
aussi. Ici pas de musique pour attirer le client, pas de frou-frou. des tables
les unes à côté des autres, comme à la cantoche. Du coup, la clientèle n'est
pas la même, c'était plutôt le genre anciens baba cools. Parmi eux, un français
qui regrettait le bon vieux temps. Cela dit, on le comprend, il y a 2 ans encore
ici, pas de boutiques, pas de restaurants. Juste la plage déserte et il fallait
loger chez l'habitant. Vu la beauté des lieux aujourd'hui, même avec des touristes
(la plage n'est quand même pas bondée), qu'est-ce que ça devait être chouette
quand c'était désert ! Et puis il y avait aussi cet autre gars, un habitué apparemment
qui se roulait tranquille son petit joint.
Mardi 6 mars.
Ici, nous habitons dans une petite hutte en feuilles de cocotiers tressées
(voir ci-dessous), devant la mer. C'est super. On voit un peu a travers les
murs! Là, je suis très fière, j'ai fait le ménage : secoué les nattes qui recouvrent
le sable! Et maintenant je fais à manger avec Lionel. Je coupe les tomates,
il ouvre la boîte de sardine (un boulot de mec!). Je deviens une parfaite petite
ménagère! Décidément ce voyage bouscule vraiment nos habitudes. Le soir c'est
vraiment très agréable de rejoindre notre petite hutte dans la forêt de cocotiers
à 20 mètres des vagues. Si on lève le nez, on aperçoit les étoiles et la lune
qui brillent de part et d'autres des cocotiers. C'est absolument paradisiaque.
Mercredi 7 mars.
D'un commun accord, on a viré Mysore et le palais le plus délirant du sud de
l'Inde de notre périple pour filer à Cochin. Cela nous a évité 6 heures de train
(Goa-Mangalore) et 12 heures de bus (Mangalore-Mysore) et encore 12 heures de
bus (Mysore-Cochin), soit 30 heures! Avec les sièges pourris des bus, bonjour
les crampes. On les remplace par 18 heures de train (Goa-Cochin), ce qui est
nettement moins crevant et plus confortable pour nos petites fesses! Qu'est-ce
que je suis fier ce soir ! Tu m'aurais vu. John Wayne, c'est une fillette à
côté de moi. Ce soir, donc, en rentrant sous la moustiquaire, je me suis retrouve
nez à nez avec un tueur. Noir, laid, horrible, à te glacer le sang. Il m'attendait,
installé peinard sur le lit. Mais moi, je suis resté calme, stoïque. J'ai saisi
rapidement l'oreiller, mais sans précipitation, pour l'étouffer. Mais il a sauté
dessus. Alors j'ai viré ce monstre hors de la hutte. Un gros scarabée, je crois,
mais en plus horrible encore (en fait, un gros cafard me précise Marion). Oui,
je suis fier, dans ces cas-là, normalement, j'appelle Marion. Mais ce soir...
La classe, non? Pendant ce temps-là, Marion est occupée à éliminer, elle aussi,
les repas des 6 derniers jours. Le changement, qu'elle dit, ça lui dérègle les
intestins. Une vraie gonzesse celle-là !
Suite du voyage : Un bien long trajet en train
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Inde
Colva Beach
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Palolem
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