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Mercredi 11 juillet
Aujourd’hui, on arpente la ville, découvrant les surprises que nous réserve
Saigon. Dix millions d’habitants, plus de deux millions de scooters, quelques
voitures (plus qu’à Hanoï) et camions. La ville donne une image très dynamique,
beaucoup moins conservatrice que la capitale Hanoï (ici, moins de papis en pyjama!).
En souvenir de la colonisation française, de beaux monuments comme la poste
(magnifique), l’hôtel de ville, l’opéra, les “Champs Elysées”. En souvenir de
la guerre contre les Américains, un nombre incroyable d’éclopés, de mutilés,
de torturés (cicatrices bien visibles sur le torse) et de malformations diverses
dues probablement à l’arrosage intensif des campagnes avec du napalm. Ici, beaucoup
plus qu’ailleurs. Dit comme ça, ça fait un peu “bravo les Français, zéro aux
américains”. C’est pas volontaire, c’est juste ce qui reste. Pas forcément le
reflet exact et complet de l’histoire. De 1975 au début des années 90, Saigon
s’est immobilisée (a même régressé) sous le poids du régime communiste. Débridée
lors de l’ouverture du pays, c’est elle qui cimente l’économie, soutenue par
une population heureuse de pouvoir enfin donner libre cours à son dynamisme.
Pour témoins, les nombreuses grandes tours modernes en verre ou autre qui parsèment
son ciel.
On prend une grande décision: aller à la poste envoyer les photos. Dix pelloches,
ça fait pas loin de deux kilos ! C’est lourd à porter, faut s’en débarrasser.
On arrive donc à la poste centrale, magnifique bâtiment jaune avec de très hauts
plafonds (on dirait une gare), des cartes de Saïgon peintes style “ancien” sur
les murs, le portrait géant d’Ho Chi Minh, de grands ventilateurs, des bancs
en bois et… des guichetières qui parlent français. Bref, une poste dans un ancien
bâtiment colonial qui semble avoir peu bougé depuis. C’est là qu’on apprend
que pour les colis, c’est de l’autre côté. Il faut, pour y aller, faire le tour
du pâté de maisons. Et là, on tombe sur un truc archi moderne! Portes automatiques,
air climatisé, chaises en plastiques et des guichetières qui parlent… anglais!
Tout est très bien organisé mais très très segmenté, on a dû passer par pas
moins de 7 guichets! Chacun sa fonction. Au premier, pesée et emballage. Au
second, tampon. Au troisième, douane et scotch imprimé “douane”. Au quatrième,
re-tampon. Au cinquième “air mail” et gros scotch pour rendre le tout hermétique
(tout cela fait sans quitter des yeux la revue sur les recettes de cuisines!).
Au sixième, enregistrement, pesée finale et prix. Enfin, au septième, dernier
coup de tampon et paiement. Tout cela fait de façon très fluide et efficace,
avec le sourire pour la plupart.
Ce qui est sympa, c'est que depuis notre départ, dans tous les pays, il a suffi
(et fallu) arriver à la poste sans avoir fait le paquet. Ils doivent vérifier
le contenu puis se chargent de l'emballer. Fort bien la plupart du temps. Et
comme on ne voyage pas avec nos cartons d'envois, c'est bien pratique!
Suite du voyage : Bus pour Can Tho
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