Monde 2001  
Carnet de voyage - Cuba - Dernier jour à la Havane
       
     
Itinéraire - la carte
 

07/04/2005

Pendant que notre hôte prépare le petit déjeuner, j’en profite pour admirer la rue qui passe sous la terrasse. L’animation est importante, et il est très amusant de voir tout cela de si haut. Au petit déj, tortilla aux oignons, excellent pour l’haleine, jus de goyave, crudités, fruits. Ce matin, il y a une messe de témoins de Jéovah dans la pièce qui jouxte la chambre de Diane et Séb ! Dans leur douche, il y a une porte certes condamnée, mais elle est toujours là, qui donne sur la salle de la messe ! Douche recueillie ! C’est amusant, on les voit à travers la fente de la porte !

Direction le Capitole et la fabrique de cigares qui est juste derrière.

Derrière le Capitole s’élève la célèbre fabrique de cigares Partagas. L’entrée est assez chère, 10 pesos je crois. Et il faut laisser les appareils photo et caméras en consigne à l’entrée. On a une guide qui parle français, elle est sympa et parle très bien notre langue. Nous sommes une dizaine dans le groupe. Pas de chance, aujourd’hui, il y a quelqu’un qui parle dans le micro toute la journée et comme le son est très fort et qu’il y a des haut-parleurs partout, c’est un peu rude pour les oreilles ! Nous n’y passons que quelques temps mais notre guide, elle, a la tête comme une citrouille... Nous nous enfonçons dans une grande bâtisse ancienne et avançons sous les hauts plafonds, dans les beaux escaliers anciens en pierre, au milieu des salles immenses. Au milieu, un puits de lumière immense donne de la clarté à cet endroit qu’on pourrait retrouver dans les livres de Zola. Nous commençons par le commencement : le triage des feuilles. Un premier tri grossier permet de séparer les feuilles qui serviront pour la cape de celles pour la tripe. Il est effectué par quelques hommes. Dans une autre salle, des femmes et un homme, une petite dizaine de personnes en tout, trient à toute vitesse les feuilles selon leur qualité et leur couleur. Plus loin, une salle école où les élèves apprennent à confectionner des cigares. Il y a là des dizaines d’élèves alignés sur de longues tables étroites. Tous de futurs rouleurs de Havanes... Pour l’heure, ils sont surtout fumeurs de Havanes ! Nous voyons diverses étapes de la confection des cigares, certaines se passent plus ou moins dans les couloirs comme la vérification des diamètres avant de rendre les cigares partiellement réalisés à leur confectionneur : le torcedor afin qu’il les termine ou qu’il recommence s’il a mal fait ! La salle où règne la plus grande activité est la dernière visitée. Elle est immense et abrite les torcedores justement. Très bruyante, et animée, on ne sait plus où se ranger pour ne pas gêner les travailleurs. Les cigares sont roulés, récupérés pour vérification de leur taux d’humidité, leur diamètre, leur poids, leur longueur, leur densité etc, etc. Ils sortent de la salle et y reviennent plusieurs fois. Mais jamais ils ne se trompent : un cigare est fait par une seule et même personne. Avant la mise sous cape, ils sont mis sous presse vingt minutes. La dextérité des ouvriers est impressionnante, leur rapidité surprenante, sauf quand ils se retrouvent sous le feu des projecteurs, et on les comprend ! Dix paires d’yeux de touristes braqués sur eux dont pas mal de grands amateurs, il y a de quoi en rater sa cape ! Même et surtout si la guide fait les gros yeux ! Le boulot final incombe à un gros fumeur : il doit fumer 10 Havanes par jour afin d’en vérifier la qualité !!! Sur place, les ouvriers ont parfaitement le droit de fumer des cigares bien sûr !!! On n’est pas en France ! Ici, tu fumes, c’est tout ! Il faut tout de même garder du temps pour le boulot : 125 cigares par jour, en 8 heures, c’est beaucoup. Surtout qu’il n’est pas question de bâcler le boulot, sinon, on se fait taper sur les doigts et il faut refaire. Chaque employé reçoit gratuitement 2 cigares par jour. D’où la profusion des « cigar, cigar » soufflé à chaque coin de rue par les revendeurs ! Fin de la visite, mise en boîte faite par des doigts experts. L’important est de mettre des cigares de même couleur dans la même boîte, pour le plaisir des yeux ! C’est qu’il faut soigner le look aussi, vu le prix que ça coûte ! Plus cher que du bon vin... Notre gentille guide nous fait remarquer qu’il faut faire attention à la conservation des cigares, le taux d’humidité ne doit pas chuter sous peine de voir le cigare sécher. Lionel suggère alors de les conserver au frigo ! Une des visiteuses bondit ! « Quoi ! Mais vous n’y pensez pas ! Vous n’avez aucun sens commun, manant ! ». Il poursuit « dans la salle de bain alors ? ». Là, elle nous toise du haut de sa profonde connaissance du cigare et de son monde (elle fait partie d’un club de femmes fumeuses de Havanes si je me souviens bien, à moins que ce ne soit sa copine), désespérée que de tels inconscients existent encore.

Le Capitole est une reproduction de celui de Washington, construit entre 1920 et 1929. Dehors, une armée de photographes à l’ancienne, le nez dans le torchon pour faire sortir le petit oiseau se dispute les faveurs des touristes. Ils développent dans leur boîte noire sur le champ, c’est amusant. Nous montons les marches du Capitole, nous visitons la salle des pas perdus. Enfin, visiter est un bien grand mot, c’est une salle quoi ! Par contre il y a là une statue immense de 17 mètres de haut pour 49 tonnes !!! Ce serait la troisième plus grande au monde après celle du Bouddha d’Or du Japon et celle de Lincoln aux USA. Par contre, ce serait la plus grande en salle. Il y a aussi l’équivalent du parvis de Notre Dame à Paris, le point zéro pour les routes du pays. Un gros diamant est scellé au centre de l’étoile matérialisant le point zéro mais en fait le vrai est au coffre, pas sous nos pieds !

Retour en flânant à travers les exquises ruelles de La Havane. On y rencontre des bus portant inscription « boycott the boycott » en même temps que « charter » ou « écoliers », d’antiques camions autour du moteur desquels tournoient 4 ou 5 cubains occupés à les réparer une fois de plus, etc, etc. Une ville attachante, mais toujours pas de peña !!! Il faut se dépêcher maintenant, le taxi appelé par notre hôte va arriver, courons. Départ pour l’aéroport. On dépense les derniers sous dans les pizzas et diverses babioles pour coller sur le frigo de Diane et Séb. On apprend enfin qui sont « los cinquos » qui « volveran » (voir dans le blog du site) et on embarque. Une inconnue nous perturbe un peu : le cubain à l’enregistrement n’a pas prévu le transit de nos bagages à Madrid. Il nous faudra donc les récupérer et les ré-engistrer en un peu plus de 2 heures ! Pourvu que l’avion ne prenne pas de retard, sinon les bagages resteront à Madrid ! Finalement tout se passe comme sur des roulettes.

A Paris vendredi, Lionel et moi trouvons un train et c’est après la sieste que nous retrouvons Cerise et Malo restés avec Bopa et Mamie à Saint Bonnet dans la Loire. Cerise en est toute sonnée mais très très heureuse ! Les câlins n’en finissent plus. Malo nous fait de grands sourires, il nous reconnaît, c’est évident malgré, ses 7 mois. Le samedi, c’est sous la neige que nous reprenons la route pour Thionville... Dur dur après le chaud soleil de Cuba !

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