|
25/03/2005
Petit déjeuner fait maison. Pains, bananes et oranges achetés par Diane et Seb. Un gars qui traîne (parmi tant d’autres) devant la maison les a emmenés au marché du coin. Pour information sur le coût de la vie à Cuba, le prix d’une orange vaut 1 peso cubain (4 centimes de dollars), 1 peso également les deux petites bananes, et pour 5 pesos tu peux avoir un énorme morceau de bon. Excellent d’ailleurs, légèrement brioché.
Notre taxi arrive. Une Yaris. Après une certaine inquiétude quant à la place à l’intérieur, on est finalement assez rassuré de voir que tous nos sacs rentrent dans le coffre et que, à 3 derrières, on n’est pas si mal installés que ça. Quelques dizaines de minutes pour sortir de la Havane, et hop, on est sur l’autopista, l’autoroute comme on dirait en France. La route est très large, deux à tois voix pour nous, le bitume est plutôt bon, mais ce qui est surprenant c’est qu’il n’y a pas tout le temps de marquage au sol, pas de rambarde de sécurité ni de rambarde qui sépare les 2 voies : on peut faire demi-tour à n’importe quel moment ! Mais surtout, ce qui surprend surtout ce sont les gens. Plein de gens au bord de la route. Il y a ceux qui font de l’auto-stop et tendent de l’argent pour montrer qu’ils sont prêts à prendre part aux frais. Sous les ponts ils se retrouvent des dizaines à attendre à l’ombre un bus, un camion ou on ne sait quoi. Et puis il y a aussi ceux qui se sont installés sur l’autoroute pour vendre. On croise des vendeurs de nourriture pour la route, ça c’est plutôt classique dans beaucoup de pays (dommage qu’il n’y ait pas ça d’ailleurs en France ! Ca remplacerait avantageusement les sandwichs SNCF !). Ce qui surprend davantage ce sont les gens qu’on croise et qui vendent... des chapelets d’au moins un mètre d’ails ou d’oignons. Des fois que... on ait une énorme envie d’oignons sur la route !
Depuis qu’on est sorti de la Havane, on n’arrête pas de voir de gros panneaux semblables à ceux qui en France nous inondent de publicités. Ici, il sont signés Fidel, Jose Marti, font allusion au Che ou à la nation. « Estamos bien », on est bien ! Aucun autre panneau publicitaire que ceux de la propagande ici comme partout ailleurs. Y compris dans les écoles dont certaines font parfois penser au QG d’une organisation politique vu le nombre d’affiche "pour le peuple" qui en ornent l’entrée. Fidel sait y faire ! Il utilise l’image du Che pour s’attirer la sympathie de gens.
On décide d’aller à Trinidad en faisant une halte à Santa Clara. Miguel, le petit jeune qui conduit la voiture est d’accord de faire un petit détour pour 20 pesos de plus (ce qui amène le trajet Havane – Trinidad à 120 pesos). Tapes là !
Arrêt essence. Ici c’est le système D qui est à l’honneur, alors au lieu de s’arrêter dans l’une des nombreuses stations essence toute moderne avec petites boutiques et toilettes payantes (les "Cupet" pour ne pas les nommer) Miguel préfère s’arrêter dans un tout petit bled où un camarade à lui vend de l’essence dans son garage. Avec bidon et entonnoir s’il vous plait ! En sortant du patelin, Miguel s’arrête pour nous offrir un jus de canne à sucre. Délicieux !
En parlant de combines, le compteur de la voiture est débranché ! Il y a – si on a bien compris – un système de quota à ne pas dépasser, 10000 kilomètres pour quinze jours. C’est déjà énorme mais pas assez pour la voiture de Miguel qui roule tous les jours. Cinq jours lui. Cinq jours son père. Il font ainsi plus de 25000 kilomètres par mois ! En débranchant le compteur, les kilomètres arrêtent de défiler. Et au passage on ne sait plus à quelle vitesse on roule. Un détail. Du coup, Miguel fonce, mais on ne sait pas à combien. De temps en temps, il lâche le volant pour de triturer les dents en cherchant dans le miroir du pare soleil ce qui peut bien être coincé au fond de sa bouche. Pendant ce temps, la voiture dévie un peu, ce n’est guère rassurant. A part ça, on se sent tout à fait en sécurité.
Nulle part ou presque, il n’y a de panneaux. De temps en temps un poste de contrôle est annoncé. Miguel remet alors sa ceinture, ralentit considérablement, je dirai qu’il passe de 150 à 50 Km/h. Pour passer l’air de rien devant le poste de police ! Juste après, il enlève sa ceinture et se remet à foncer... Quand vient l’heure de l’arrêt pipi, on traverse sans plus de formalité le terre-plein central de l’autoroute pour aller à la "cafétéria" qui se trouve en face !
Santa Clara ...
Deuxième arrêt un peu plus loin, à Santa-Clara cette fois-ci. Pas dans la ville, mais au monument du Che. Et quel monument ! Un truc gigantesque, en deux parties, une de chaque côté de la route. Le bâtiment le plus important, sur lequel est planté la statue du Che, abrite un musée avec un peu tout ce que Ernesto Che Guevara a touché. Des chansons et des discours sont diffusés sur tout le site. Ambiance un peu bizarre, on a un peu l’impression d’être aux abords d’une mosquée. La comparaison religieuse ne s’arrête pas là : un groupe d’un vingtaine de cubain est en pèlerinage sur les lieux ! Ils prennent des photos devant la statue puis se réunissent en cercle. Un gars prend la parole pour lire quelque chose qui ressemble à une prière ou un poème. Les autres écoutent d’une façon très solennelle. A la fin du discours, tout le monde applaudit. Puis c’est le moment le plus fort : le dépôt d’une gerbe devant la statue ! On a beau éprouvé de la sympathie pour le Che, difficile de ne pas voir là un effet presque sectaire d’une propagande bien huilé.
Après Santa-Clara, on s’arrête dans une station service, histoire de manger un hamburger. Puis, on s’enfonce vers nulle part dans la montagne. Aucun panneau indicateur. La route tourne beaucoup, le paysage est très chouette, la végétation fort diversifié même si tout semble fort sec. On apprend qu’il n’a pas plus ici depuis 2 ans, ou quasi pas. Fougères arborescentes, arbres et buissons fleuris, etc. Mais le plus amusant est sans doute ces palmiers qui côtoient les pins !
Trinidad ...
Vers 16H30, on arrive à Trinidad. Adresse donnée par David de la Havane. Les chambres doublent sont à 15 pesos et on est tout près du centre. Carmen, la patronne, nous offre un jus de banane. Puis on part se balader. Trinidad nous fait tout de suite bonne impression. La ville est vraiment chouette. Les maisons sont assez basses et très colorées. Les touristes y sont plus nombreux qu’à la Havane, en tout cas on en voit plus. Peut-être parce que la ville est plus petite et que tout semble plus concentré. Ca nous fait un peu penser à San Cristobal au Mexique dans le Chiapas : maisons basses, colorées, anciennes voitures début de siècle 1900. La mode la plus surprenante ici est celle des chiens : on croise des teckel partout ! Sinon, pour les vêtements, les filles sont souvent en minijupes ou robes. Déjà à l’aéroport en arrivant, on avait vu des infirmières avec des jupes vraiment miniatures ! Puisqu’on en est aux comparaisons, une différence avec les autres pays d’Amérique Latine qu’on a déjà eu la chance de visiter, c’est qu’il y a bien une place qu centre du quartier historique, mais ce n’est pas sur celle-ci que se trouve le coeur de l’activité des gens. Ici, l’activité est plus dispersée : les gens laissent leur porte grande ouverte, beaucoup regardent la télé le son à fond, d’autres discutent assis sur les trottoirs, d’autres - plus rares- mettent de la musique et papotent. A propos de téloche, il y a quatre chaînes nationales ici. Pas de pub. Des retransmissions de Fidel qui donnent des chiffres pendant des heures, des documentaires sur des poulpes (on a vu ça chez Jesus à la Havane où il y avait une téloche dans le salon) et surtout – j’ai l’impression – des matches de baseball, LE sport national.
En plein cagnard, on décide de monter tout en haut d’un colline d’où l’on a une sur la vallée de los Ingenios (moulins à sucre) que nous allons visiter demain. Evidement, pas d’arbre pour nous donner un peu d’ombre. Juste de la caillasse par terre et des plantes basses. Ca chauffe ! Tout en haut, une antenne qui transmet la radio et qui sert de relais GSM. Un garde y habite. Il y reste 24 heures puis est remplacé par un collègue qui reste 24 heures et ainsi de suite... Le pauvre - qui s’embête ou qui espère un petit peso – nous fait faire le tour des lieux avec son chien Gasolina. Chouette vue et bel aperçu de ce que l’on va voir demain. « Gasolinnnnaaaa... »
En redescendant, on laisse les filles se débrouiller avec une dame qui a l’air très gentille et qui propose, livre d’or à l’appui signé par de nombreux touristes, de venir manger chez elle de la langouste. Mais ce soir, on a plutôt envie d’essayer un vrai resto.
A 20H00, c’est la procession du vendredi saint. La messe a démarrée beaucoup plus tôt (vers 17H00 je crois) et là, on attend le départ de la procession sur la place avec les cubains qui affluent sur la place et vont s’entasser devant l’église pour suivre la procession. Les musiciens s’échauffent avec leurs instruments dans un coin de la place : trompettes, saxos, flûtes, clarinettes... Ils sont fiers d’être pris en photo. Et nous on est content de les voir et les entendre. Puis la procession démarre, les malades marchent à côté des chars qui ont l’air bien lourds malgré les douzaines de porteur dévolue à chacun. Il y a trois chars dont un avec un Jésus couché sous un drap. Soit il est tout petit et ses pieds font une bosse au milieu du lit, soit il est d’une taille normale et est très content de se faire balader...
Le resto "Plaza de Mayor" est vraiment sympa. Cour intérieure mignonne, cocktail pas mauvais (Mojitos) et poisson grillé. En plus une chanteuse accompagnée d’un guitariste met une ambiance très agréable. Quelle voix !
Après le resto, petit tour rapide à la Casa Della Musica. Musique vivo (live) très rythmé, mais qui fait presque plus africaine que cubaine. Devant la scéne, des tables ou beaucoup de touristes boivent un pot et au dessus, tout le monde assis sur des marches d’escaliers. Mais la fatigue du voyage se fait sentir et Marion dort assise. Allez ! Au dodo !
Suite du voyage : Valle de los ingenios
|
La Havane - Santa Clara
|
La Havane - Santa Clara
|
La Havane - Santa Clara
|
La Havane - Santa Clara
|
La Havane - Santa Clara
|
Santa Clara
|
Trinidad
|
Trinidad
|
Trinidad
|
Trinidad
|
Trinidad
|
Trinidad
|
Trinidad
|
Suite du voyage
|
|