Monde 2001  
Carnet de voyage - Cuba - Valle de los ingenios
       
     
Itinéraire - la carte
 

26/03/2005

Valle de los ingenios ...

Petit déjeuner avec tortilla (omelette), une petite marche et nous voilà à la gare. Le train à vapeur spécial touriste ne fonctionne plus depuis quelques mois. En réparation. Du coup, circule le train normal : un wagon classique suivi d’un wagon décapoté. Le prix, lui, reste le même, vapeur ou non : 10 $ l’aller retour (il y a une quinzaine de kilomètres) au lieu de 0,40 $ pour les cubains. Rapport de 25...

On va voir la valle de los ingenios : la vallée des moulins à sucre. On arrive à 9H00 à la gare, le train part à 9H00... Il arrive pendant qu’on achète les billets. Quand on y grimpe, il n’y a bien sûr plus de place assise. Le wagon couvert à l’air d’être plein mais de toutes façon, on préfère être dans l’autre, le nez au vent. Et là, il y a seulement 5 ou 6 bancs, il faut se mettre où on peut et s’accrocher si on peut. Pour cela, mieux vaut être sur le côté. La balade est agréable. Vautours, vaches, cow-boys, canne à sucre, bambous... Après plusieurs arrêts, on arrive à Manaca où se dresse la Torre Iznaga. On ne sait pas s’il faut descendre ou non, on hésite, on descend, on remonte. Les cubains se marrent. En fait, on ne sait même pas où l’on va... on descend 2 kilomètres plus loin à l’hacienda Guachinango. Avec la loco à vapeur, il y avait alors un arrêt de 30 minutes pour refaire le plein puis retour vers Manaca et visite de la tour... on avait lu cela dans le retour mais on a eu un peu de mal à percuter que tout cela était différent avec une loco normale... Peu importe. Après un court instant à se demander ce qu’on fait là, on décide de revenir à pied à Manaca par la route qui traverse les champs. Trois kilomètres sous un soleil de plomb, et sans ombre. La balade est sympa. Sur la route, on croise quelques camions-bus. Tous nous saluent quand on les prend en photo. En arrivant à Manaca, on entend un « thou thou » C’est le train de 13H00. Celui là même que reprennent les touristes qui savait quoi faire et se sont arrêtés, eux, direct à Manaca... Trop tard pour nous. On s’assied sous un arbre immense et on se met à discuter avec un gars avec un harnais autours de la taille qui lui sert à aller couper des noix de coco. Il nous fait goûter de petites  goyaves de la taille de clémentines, toute jaunes et qui se mangent complètement avec les petits pépins et la peau. Miam miam... Deux gamines viennent s’asseoir pas trop loin de nous. Entre intimidation et amusement, elles nous disent quelques mots et essaient de nous vendre des colliers. Seb leur donne une balle de tennis, una pelota, elles ont l’air d’apprécier. Le gars nous montre un raccourci pour  aller jusqu’à la tour. Non sans avoir essayer de nous vendre quelques oranges.

Le retour à la civilisation est brutal. On passe de la campagne à une chouette maison coloniale transformée en resto-bar-boutique pour touristes. La maison est vraiment belle. Elle a servi à tourner un feuilleton français. Juste à côté, la tour. Une quarantaine de mètre de haut et des escaliers brûlants qu’on peut qualifier sans exagération de raides. Marisol (Mer et Soleil) qui nous vend de billets pour y monter (1 peso quand même !) est rigole mais quand pas incrédule. Elle ne veut pas nous croire quand on lui dit pour éviter de payer qu’on est cubain. Pourtant notre espagnol est parfait ! Il impressionne au moins un couple de français sympa qui visite le pays en voiture depuis une semaine. Faut dire, que eux, contrairement à Marisol, ne parlent pas un mot de castellan (le nom exact de l’espagnol !). Enfin j’exagère puique, alors qu’on attend d’être servi au resto, la fille entre est explique, mime à l’appui, "beber". Le resto n’est pas mauvais d’ailleurs, avec sa spécialité du chef, un plat de porc grillé avec des poivrons. Derrière le resto, une machine à faire du jus de canne à sucre. Originairement actionnée, je suppose, par des chevaux ou des boeufs, elle l’est aujourd’hui par des touristes. Amusant. Le verre coûte 1 peso, soit 25 pesos cubains. Un  peu plus bas dans le village, c’est 40 ou 50 centimes cubains !

Retour par le même train. Il est 15H00. Pas la peine de montrer nos billets, le contrôleur se souvient bien des gros touristes qui ne savaient pas ce matin où ils allaient. De retour à Trinidad, on va se prendre un petit verre dans un bistro. Juste avant, on passe devant un autre bar où la bière coule à flot. Je ne sais pas si c’est moi qui imagine, mais j’ai l’impression qu’ils picolent bien les cubains ! En tout cas, il y a là un gars qui passe et qui même avec l’aide de sa femme a beaucoup de mal à marcher droit. Un autre passe quelques minutes plus tard. Lui a même du mal à marcher tout court !

On glande un peu. Enfin. Sur la place Mayor de Trinidad. Un car de flamand passe. Beaucoup prennent en photo un des deux papis qui traînent sur la place le cigare aux lèvres. L’un d’un est visiblement fin pété au rhum. Il nous a raconté un tas de conneries à Seb et moi, comme quoi on pouvait aller danser dans l’église et je ne sais quoi d’autre. Cela démange pas mal aussi Marion de les prendre en photo ces deux cubains. C’est vrai qu’ils sont chouettes... Elle demande à l’un deux (le pas bourré) si elle peut le prendre en photo. Il dit oui, mais juste derrière balance un « pourquoi faire ? » C’est vrai ça, pourquoi faire ? Une discussion commence, Marion lui montre les photos (c’est chouette le numérique) et sympathise avec lui. Le monsieur en question a un nom, même qu’il s’appelle Rafael. Il voudrait qu’on poste pour lui, depuis la France, une lettre pour un ami, un touriste français qui doit revenir à Cuba et qui doit lui envoyer des médicaments pour sa mère. Du coup, il nous invite chez lui. On quitte la place principale de Trinidad et on se retrouve assedz vite dans un quartier visiblement très populaire. Les gamins, encore plus qu’ailleurs, jouent partout dans la rue.

La maison de Rafael est assez étroite mais tout en longueur. On traverse deux chambres pour arriver dans la cuisine. La maison manque peut-être de quelques coups de pinceaux, mais possède quand même un certain confort : électricité, eau courante, réfrigérateur (plutot vide on a cru voir). Por quelqu’un qui visiblement - à voir sa tenue vestimentaire par exemple – fait partie du bas de l’échelle sociale, on ne peut pas dire qu’il vive dans la misère. Sa situation semble mns précaire que ce qu’on a déjà pu voir en Jordanie, à Madagascar ou encore en Inde. Sa femme - qu'on a         rrive pas du tout à comprendre – a deux enfants. L’un d’eux, Jean Christophe, nous parle à 200 à l’heure comme si on était cubain. On boit un café très serré pendant que Rafael écrit sa lettre et que sa femme prépare leur dîner - riz et tomates – et que le niño fait du boucan en gonflant et dégonflant le ballon que Séb lui a filé.

En partant, Rafael insiste pour nous donner des  noix de coco. On est obligé de refuser : c’est super lourd et on ne sait même pas comment les ouvrir ! Il nous demande aussi de ne pas parler de l’histoire de la lettre parce que si ses voisins apprenaient, ils lui voleraient les médicaments... Bonne ambiance dans le voisinage...

On a fait une ou deux photos de la petite famile qu’on leur enverra de France. Faut dire qu’on a l’impression, depuis qu’on est dans le pays, que les cubains adorent les photos et être pris en photo. Quand on se balade, certains nous le demande, comme ça, sans même demander à voir le résultat.

Repas de crevettes à la casa. Vraiment bon. Dommage que la dame qui tienne la maison ait un sourire si commercial.

Le soir on retourne comme hier à la casa de la musica. Mais visiblement il est trop tard. Le groupe remballe ses instruments pendant qu’on attend sur les marches que la musique commence ! Les filles en profitent pour discuter avec un couple de français. A bout d’une dizaine de minutes, on se rend à l’évidence : il n’y aura plus de musique. Sauf si on veut aller à la discothèque où nombre de touristes et de cubains se pressent de rentrer. Enfin, se pressent d’attendre, il y a une grille 20 mètres avant la boite où un gardien laissent entrer les gens un par un. Allez, nous, on va dormir ! (je sais nos journées finissent souvent comme ça...)

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Trinidad
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