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A Ifasina, tout est boueux et il fait froid. Dans la
case du chef, nous nous asseyons sur de minuscules tabourets
hauts d'à peine 10 cm. Le feu brûle, il fait bon.
Sur le feu, une marmite. Le chef nous offre d'abord à manger.
Toujours touchés par cet accueil, nous avons tout de même
un peu peur de devoir re-manger du riz. Nous avons du maïs,
plutôt bon !
Nous faisons ensuite connaissance. Le chef nous dit combien il est
heureux de nous accueillir, de rencontrer des gens qui viennent
d'aussi loin et nous raconte un peu les soucis de son village :
école en ruine, manque d'argent. Il est très digne
et très agréable. Joseph nous traduit ses propos.
Il nous explique sa joie de nous offrir ce plat de maîs en
guise de bienvenue, il nous offre ce maïs car il n'a rien d'autre.
Puis il nous bénit et nous souhaite tout le bonheur possible
pendant notre séjour dans son pays.
Puis, c'est à notre tour de parler. Nous répondons
que nous sommes très contents, que nous le remercions pour
son hospitalité et que nous laisserons une offrande au village.
Il semble heureux de cette réponse.
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| Ifasina le village
en bois et ses habitants |
Auparavant, il a fallu choisir le dîner. Nous étions
venu avec Joseph voir le chef. On nous a alors expliqué que
la tradition était la suivante : comme nous étions
"riches" il serait bon que, en plus du loyer donné
à la famille qui nous accueille, nous leur offrions un vrai
repas. Nous avons donc acheté un poulet "sur pied"
au chef, ainsi que du riz. Avant la discussion avec le chef, Joseph
emmène tous ces aliments dans la case où nous logeons.
Toujours dans la case du chef, Joseph nous explique l'organisation
de la case. Tout est en bois ici. Le toit est en bambou et des
nattes recouvrent le sol. Il y a une petite particularité
dans ces cases : il n'y a pas de cheminée, mais tous les
encadrements des portes et des fenêtres sont noircis par la
fumée. La case est une seule pièce assez vaste (4
ou 5 mètres). Elle est partagée avec une poutre porteuse
délimitant ainsi la "cuisine" de la "salle
de réception".
Dans la cuisine, on trouve vers le mur un petit meuble en bois pour
ranger les marmites et la vaisselle. Plus au centre, il y a le lieu
de cuisson, un endroit où le plancher en bois a été
recouvert ou remplacé par des pierres sur un carré
d'envion 60 cm de côté et encadré par des
briques pleines. Trois pierres sont posées en son milieu,
sur lesquelles reposent les marmites (en fait, le maïs y cuit
24H/24H). Un lit en bois unique se trouve dans la pièce,
de petits tabourets en bois sont placés contre les murs et
déplacés selon les besoins autour du feu ou dans la
pièce. Les nattes et couvertures sont roulées la journée
et accrochées aux murs. Au plafond, le maïs est suspendu
pour sécher et être fumé (d'où l'absence
de cheminée). Il faut de la fumée dans la pièce,
ça pique les yeux et râcle la gorge ! Au dessus,
dans le toit, sont entreposées quelques réserves.
Le riz est stocké dans de petites cabanes sur des pilotis
"anti-rats". Dans la case, on trouve aussi le poulailler.
Les cases en bois ne comportent pas de clous, tout est emboîté.
Elles sont orientées Nord-Sud et il n'y a pas d'ouverture
à l'Est, trop froid.
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| Ifasina le village
en bois et ses habitants |
Un coin est appelé "coin sacré", au Nord
Est. C'est vers ce coin que se tourne le chef du village pour demander
conseil aux ancêtres et leur donner des offrandes. Autour
de la case, une sorte de muret fait avec une poutre sert à
se déplacer quand la terre est trop boueuse.
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