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Soulouf nous y a réservé un petit hôtel de
bungalows à Ranomafanan à 35 000 F malgaches. Il est
tard. On se sent assez crade malgré toute l’eau que l’on
s’est pris sur la tête. Et ailleurs : nos pantalons,
nos slips sont mouillés. Aussi, on décide de ne pas
se laver, la douche à la froide après une telle journée,
non merci ! Crade on est, crade on restera. D’autant que nos
affaires de rechange sont dans l’autre sac, celui qu’on a laissé
à Soulouf. Au lieu de la douche, on se prend donc un petit
rhum local pour tenter de se réchauffer. Cela ne marche pas.
On passe donc à la soupe. Une énorme soupière
avec plein de choses dedans : des spaghettis, des légumes,
des œufs. Suivi d’un succulent steak de zébu (si tendre)
et d’un méga plat de pâtes à la sauce tomate
(et aussi de l’ail, mais ce n’était pas précisé).
Pourtant, on claque toujours des dents. Alors, on file au lit à
8H30 et on ne tarde pas à roupiller !
Samedi 9 octobre, en soirée. Je me délecte d’une
bonne bière malgache (la fameuse THB) pendant que Lionel
se rase pour la première fois depuis notre départ.
Y’a du boulot. Tout y passe, même le bouc. Il enchaîne
par une douche à l’eau tiède, un régal.
Ce matin, nous avions mis le réveil à 7H30, mais
Soulouf nous a réveillé à 6H45. Dommage pour
la grasse mat. Direction le parc de Ranomafanan. La végétation
est superbe, luxuriante. Forcément, il pleut tout le temps.
Ici, toutes les maisons sont sur pilotis. A propos, pour les maisons,
chacun construit la sienne ici à Madagascar.C'est comme au
Machu Picchu, la montagne est couverte de végétations,
dont la plupart sont endémiques. Et la forêt tropicale
fume dans le froid. C’est très beau, bananiers, lianes, fougères
de toutes sortes dont les arborescentes qui monte jusqu’à
4 ou 5 mètres du sol et s’épanouissent au sommet (à
propos des fougères, il en existe une centaine de variétés
dont certaines atteignent 10 mètres de hauteur). Des ficus
énormes qui n’ont rien à voir avec Gertrude (le petit
nom du ficus de Marion), sont là, avec des troncs énormes.
On monte, on descend, Lionel glisse sur les fesse (même pas
mal). On découvre une forêt magnifique, riche en plantes
diverses.
On se met en chasse pour dénicher les lémuriens.
On quitte donc les sentiers, suivant de près notre guide.
Et on les voit. Tout là haut, perchés dans les arbres,
des lémuriens de 3-4 kilos, gris pour les mâles, orangés
pour les femelles. Ce sont des makis brun, avec une super
jolie frimousse. La gestation dure 3 mois, le petit reste accroché
5 mois à sa mère, sur le côté au début,
sur son dos ensuite. Il vivra avec elle pendant 5 ans. Leur espérance
de vie est de 30 ans. Ils ont une longue queue et vole littéralement
d’arbre en arbre sur les cimes. Ils vivent en bande de 12 à
25, dominés par une femelle.
Mais les lémuriens ne sont pas la seule attraction. Il y
a aussi des orchidées, des plantes médicinales (des
antibiotiques, des plantes qui stoppent les hémorragie, qui
calment l’asthme, et d’autres encore), et même des plantes
carnivores qui se nourrissent de mouches.
Il y a aussi cet arbre étonnant, le Ravinala, où
l’arbre du voyageur en français dans le texte. C’est
un arbre en éventail dont on utilise les feuilles pour faire
les toits.
Il y a aussi des caméléons, dont un plus petit
qu’un doigt, tout vert posé dans un arbre. Il devient brun
lorsqu’on le fait tomber dans la boue. Sans le guide, nous ne l’aurions
jamais vu, surtout que nous ne nous attendions pas à une
aussi petite taille. Un gnome. Il n’a que deux doigts par patte
et s’accroche avec sa queue sur les branches parfois et s’enroule
autour pour se stabiliser. Il mange des insectes qu’il attrape avec
sa longue langue.
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