18 mars 2001
Ce soir, ça fait tout drôle: nous sommes habitués aux grosses chaleurs du sud et nous voici, pauvres malheureux en short et T-shirt à 2200 mètres d’altitude à la nuit tombante. Et bien on se gèle! Et pour une fois, on bénit nos sacs à dos de nous tenir bien chaud! Alors qu’on serait bien restés sous la douche froide toute la journée depuis un mois, là, on a cherché un hôtel avec eau chaude! D’ailleurs, elle est plutôt tiédasse la douche chaude. Il doit quand même faire mini 15 à 18 degrés… Rien à voir avec la température en France du moment, hi hi hi. Aujourd’hui, c’était tout pépère: train Trivandrum-Madurai à 4h15 du matin, arrivée vers midi. De là, on est partis directement en bus vers Kodaikanal. Le trajet pour monter est très sympa même si ça donne parfois le vertige. On est montés à travers un paysage d’abord sec (comme à Madurai, à la différence de Trivandrum) puis extrêmement verdoyant, arbres, buissons, lianes faisant le bonheur des singes. On comprend d’où ça vient, l’eau suinte sur les rochers. Lionel est très fier de sa barbiche, il réclame même une brosse pour la coiffer. En plus, il trouve que son crâne rasé met sa barbiche en valeur et en est donc ravi. Ce qui flatte son ego, ce sont les Indiens qui n’arrêtent pas de lui dire qu’il a une jolie barbe (les jaloux) et qui la lui tripotent volontiers!!! Faut dire qu’ici, les hommes se mettent du rouge à ongles et se tiennent par la main, alors pourquoi ils ne se tripoteraient pas la barbiche?!
En fait, l’eau chaude, il fallait la demander 1/2 heure avant. Du coup, ce soir, j’ai pris… un bain! Eh oui, grand luxe! Debout dans un grand seau en fer rempli d’eau chaude jusqu’aux mollets, je me suis lavée à grande eau avec un petit brot en plastique. Ça ressemble plus à un bain de pieds qu’à l’idée qu’on se fait habituellement d’un bain, mais ça reste un bain!
19 mars 2001
Assise sur le muret de l’hôtel, je domine la vallée et la montagne alentours. J’ai mis un pantalon, des chaussettes et un pull pour affronter la fraîcheur de la soirée. Ambiance village avec les cui-cui des oiseaux, le bruit de la hache qui fend le bois, les cris des enfants qui jouent, les meuglements des vaches, les odeurs de dîner qui montent, les chiens qui jouent au loin. Et partout, des arbres immenses, des jardins et des ruelles s’étalent sous mes yeux. C’est très vivant, il y a partout des gens qui se promènent, rentrent tranquillement chez eux ou vaquent à leurs occupations. Bref, ici comme partout en Inde, on se déplace beaucoup à pieds. De plus, pas de rickshaws à Kodaikanal, c’est tout bénef pour les oreilles!
Aujourd’hui, petite balade très sympa (5 heures tout de même) sur la Upper Lake View Road. Riche en rencontres et en vie campagnarde. On s’est fait plein de camarades qui voulaient qu’on les prenne en photo et qu’on leur envoie les photos. Une voiture s’est même brusquement arrêtée devant nous, un type en a jailli une fillette dans les bras, et l’a collée sans plus de manières dans les miens! Pour me prendre en photo avec sa fille! Ils étaient tous ravis, père, mère et famille. La petite fille était un peu surprise! Moi aussi… On a rencontré plein de gens sympas, décontractés et accueillants. Une vieille femme s’est montrée extrêmement ravie que nous soyons français, un jeune homme nous a souhaité bon voyage, de nombreux autres nous ont fort gentiment indiqué le chemin, même une vieille dame qui ne parlait pas un mot d’anglais, ni ne le comprenait! Elle était désolée mais, tout sourire, nous a quand même indiqué la bonne direction! Les touristes, ils vont tous aux mêmes endroits!
Ici, il y a beaucoup de réfugiés tibétains. Le climat leur plaît. On a d’ailleurs dîné dans un resto tibétain, un vrai régal les momos (raviolis frits ou vapeur, fourrés avec plein de choses).
L’info du jour: Lionel m’a un peu raccourci les cheveux dans le cou et derrière les oreilles “on voit bien que ce n’est pas un vrai coiffeur qui l’a fait” dixit Lionel mort de rire.
20 mars 2001
Il y a un point sur lequel les Indiens sont fous furieux: les transports en commun et en particulier les bus! Les trajets sont longs, les routes mauvaises, les bus bondés alors ils font vraiment tout leur possible pour avoir une place assise quitte à s’écrabouiller les uns les autres. En arrivant à Kodai, le bus a été véritablement assailli! Certes, c’est le dernier de la journée à redescendre sur Madurai mais quand même! Étant la dernière à descendre, je me suis retrouvée face à une marée humaine, engloutie en moins de deux et forcée à faire machine arrière sur le marche-pied! Impossible de descendre, la poussée de 20 ou 30 Indiens lancés à l’assaut des sièges était trop puissante! Finalement, j’ai mis les coudes en avant et je me suis lancée dans le tas, prenant de l’élan sur le marche-pied! Non mais, j’avais pas envie de redescendre à Madurai!























