23 mars 2001
Pondichéry n’est pas une ville où il y a des tonnes de monuments à voir. C’est simplement une ville de taille moyenne, où il fait bon se balader. Enfin, c’est une façon de parler, ici on ne peut pas dire qu’il fasse bon. On peut dire qu’il fait très chaud, que c’est la canicule, le cagnard, qu’on ne peut pas faire un mouvement sans dégouliner de transpiration. Oui, on peut dire tout cela.
La ville est composée de deux parties. La ville blanche, habitée à l’époque par les colonisateurs français. Les maisons y sont jolies, entourées pour certaines par des murets dissimulant de jolis jardins. C’est là qu’est “Le Cercle”, un club privé où on trouve des terrains de badminton et de tennis. Les rues y sont larges, propres, arborées, on se croirait vraiment quelque part en France. La seconde partie est la ville noire, habitée par la population indienne. C’est plus étroit, les maisons sont beaucoup moins jolies, il n’y a ni arbre ni jardin. Mais c’est beaucoup plus animé aussi. Là encore, comme pour le fort rouge d’Agra, l’origine du nom reste une énigme: ville blanche, ville noire, pourquoi ces termes???
Que ce soient les Français ou les Anglais, les colonisateurs ont apporté pas mal de choses positives. Ici en Inde, par exemple, les réseaux ferroviaires et routiers sont un héritage anglais, tout comme l’est la seule langue commune à tous les Indiens. Mais la colonisation a été faite par des gens animés par de mauvaises motivations. Ils semblaient être persuadés de la suprématie de la couleur de leur peau, de leur dieu, de leur façon de voir la vie. Ils vivaient en Inde, mais pas avec les Indiens. C’est comme ça que sont nés les “cantonments”, ces quartiers résidentiels que l’on distingue aujourd’hui encore et qui étaient réservés aux Blancs. Certains lieux étaient interdits aux Indiens, dans d’autres ils étaient tolérés mais uniquement revêtus de vêtements anglais et non de leurs habits traditionnels… On comprend que tous ces peuples aient voulu leur indépendance. Beaucoup des “progrès” qui sont repartis avec leurs colonisateurs ne les concernaient même pas.
N’empêche que cela a quand même du bon, on a trouvé une boulangerie où on a dégusté de la baguette, un succulent pain brioché salé garni de fromage et de légumes et même d’excellents pains au chocolat qu’on a pu tremper dans notre tasse de chocolat au lait. Alors, cela ne valait-il pas quelques années de colonisation, messieurs les Indiens? Ingrats va!
24 mars 2001
Pour commencer, Gingee, se prononce “Singi”, autant dire qu’on a galéré pour dénicher notre “bus to Ginge”! Mais ça valait le coup, on s’est fait des potes dans le bus qui voulaient qu’on goûte un bâton de canne à sucre et des copines qui trouvaient que, vraiment, avec mes deux pauvres petites boucles d’oreilles, j’avais l’air de rien, qu’il me manquait une dizaine de bracelets, des colliers, plein de bagues, 2 ou 3 paires de boucles d’oreilles bien grosses et d’énormes boucles d’oreilles en forme de grosses fleurs dans… le nez! Sur place, pas un seul touriste, nous étions l’attraction et on faisait rire tout le monde avec nos shorts! Des enfants aux papies! Mais personne ne s’en est montré choqué. En plus, personne ne parlait un mot d’anglais… mais nombreux sont ceux qui nous ont longuement expliqué plein de choses… en tamoul! On n’a toujours pas compris le fond de la discussion. C’est pas grave, on a fait plein de gestes, des yeux étonnés ou adopté l’air entendu quand ça nous semblait approprié et on a tous bien ri! Belle balade au marché de Gingee, dans la rue, à la campagne autour de la ville, dans les rizières.
Depuis qu’on est sur la côte Est de l’Inde, les vaches sont très nombreuses et fini la liberté. Elles sont souvent attachées ou gardées par des bergers mais moins omniprésentes dans les rues. On croise même d’énormes troupeaux de 20 ou 30 bovins avec leurs bergers. Idem pour les chèvres. Ici, le régime est plus carné que dans l’Ouest et le Sud. La région semble beaucoup plus fertile, on y voit des cultures de: cocotiers, bananiers, citrons, mangues, patates, tomates, riz, blé, cannes à sucre et d’autres qu’on ne connaît pas.
































