27 mars 2001
Petit bourg ou gros village, Tirukalikundram se trouve à une quinzaine de km de Mahabalipuram. Il y a très peu de touristes et 2 temples dont un identique par la forme à celui de Madurai (4 grandes tours) et l’autre perché en haut d’une colline. C’est super sympa de s’y plonger, de se retrouver dans la rue en construction où quelques 40 personnes travaillent. D’un côté la chaîne pour amener l’eau tirée au puits par une équipe, celle pour amener le sable, et celle pour les gros cailloux, le tout transporté sur la tête et ramassé avec des sortes de grandes pioches larges. De l’autre, la ronde incessante des porteurs de béton qui l’amènent en équilibre sur leur tête à l’endroit voulu. Au milieu, la bétonneuse. Ambiance décontractée, équipe majoritairement féminine (les hommes chargent les plateaux qu’elles portent, vident la bétonnière et étalent sur la route) et bonne humeur sous les 37 à 40 degrés chargés d’humidité. On est là, peinards à les regarder bosser lorsqu’une nuée d’enfants débouche avec de grands cris et supplie presque qu’on les prenne en photo!
Le temple du village est sympa à voir, il y a un sacré boulot de sculpture dedans. Mais ça n’empêche que nombre de divinités font peur avec leurs allures guerrières et leurs canines en avant… En plus, on y a rencontré des brahmanes (? en étaient-ce???) qui font de drôles de prédictions! Nous étions avec un couple de Bretons et leur fils de 5 ans (cavalier de Lionel-Cheval par ailleurs) et le brahmane me demande si c’est mon fils “no” “you, the same next year”. Voilà qui est dit, j’aurai un fils l’an prochain. Rendez-vous en 2002 pour voir si les prévisions sont exactes… Je suis curieuse de voir ça! En tout cas, heureusement qu’il n’a pas prédit ça pour cette année, c’est pas le moment. Sur ces bonnes paroles, nous sommes partis voir le temple en haut de la colline. En bas, il faut se déchausser, ça nous a inquiétés car à force de marcher, on a les pieds en compote et en plus, le sol est chaud. Il y a quelques 1000 marches en pierre!!! Un type nous a assuré que ce n’était pas trop chaud, “no problem”. À la montée, on a enfilé les 1000 marches en se cramant juste un peu la plante des pieds, (pourraient quand même faire pousser des arbres ou descendre le temple de sa colline!) en courant un peu entre les rares zones pas trop chaudes, mais pas trop parce que c’est abrupt et on y perd son souffle avec la température ambiante. Parce que bien sûr, comme d’hab’, on a “choisi” de voir ce temple en pleine chaleur sur le coup de 11h, en pleine chaleur. En haut, superbe vue sur le village et la campagne alentours, les champs, les rizières, les troupeaux, les collines, les points d’eau, les chars à boeufs, le temple du village… Et visite rafraîchissante du temple. Tant mieux car une fois en haut des escaliers, langue pendante, ne rêvant que de cette bonne bouteille d’eau bien tiède qu’on s’est trimballée toute la montée, en la réservant pour “après l’effort”, Lionel s’aperçoit que cette bonne eau minérale est… verte! On en a déjà bu 1 litre, il n’y a plus qu’à prier. Ça tombe bien, on va au temple. À la descente, c’est l’horreur. On n’a pas vraiment eu le loisir de regarder le paysage tant on était concentrés 1) pour ne pas hurler tellement on s’est cramé la plante des pieds, 2) pour ne pas se casser la figure en fonçant dans ces escaliers hyper abrupts! Il n’y avait plus de zones tièdes de transit nulle part, et 1000 marches, c’est long. Tout en versant l’eau verte sur ses pieds rougis, Lionel s’est promis d’attraper la peau de vache qui avait dit “no problem, it’s not hot” et de lui appliquer un fer à repasser sur les joues! Non mais!
Ce soir, dîner “à la maison” avec Frida et Émilie. On s’est régalé, même pas trop épicé, sauf un peu le curry au poisson. On a papoté assis par terre tout en mangeant notre riz et nos épinards avec nos doigts. Un régal. Ensuite, Frida et moi avons joué au “chinese chess” et Émilie a abandonné la télé pour m’aider. Elle triche à fond, c’était rigolo. En fait, elle a pris la partie en main et je suis devenue spectatrice. C’était trop rigolo de voir Émilie tricher à chaque coup et Frida la gronder systématiquement! On a quand même perdu! De toute façon, Frida est trop forte à ce jeu. En plus, elle me déconcentre en pétant sonore pour rythmer la partie! Bref, une excellente journée. Nous avons rendu leur chambre à Émilie et Frida pour récupérer une des 2 dédiées à la location.
28 mars 2001
Aujourd’hui, on fait les bons touristes: visite de la “crocodile farm”. Les crocos, c’est impressionnant quand on les voit comme ça, ça devient nettement plus sympa quand on les imagine avec une poignée dans le dos… (humour! n’alertons pas Brigitte Bardot pour ça). Parc très agréable, ombragé, avec plein de grosses bêtes avec de grandes dents. Nouvelle balade au coeur du village de tailleurs de pierres. C’est incroyable ce qu’ils font avec les blocs de granit, des petites figurines aux énormes statues ornant les temples hindous. Toute la journée, on entend le bruit du marteau sur le burin et comme il ne fait “que” 38 degrés, ils allument des feux pour se réchauffer. Pour aiguiser leurs pics de taille en fait. Ce soir je me suis encore fait exploser par Frida au chinese chess, elle est vraiment trop forte. Au dîner, elle a préparé du poisson aux épices délicieux qu’on a dégusté sur une feuille de bananier avec riz, patates… Comme ça, pas de vaisselle! Vivement que mon bananier pousse… ou que j’ai une machine à laver!
















