11 juin 2001
En route pour Luang Prabang! On n’avait pas vu cela depuis le Népal quand on
avait pris un tour organisé pour Chittwan: pas un seul autochtone dans le bus!!!
C’est un peu tristounet, d’autant qu’il pleut des trombes. Le bon côté c’est
que la pluie ravive les couleurs de la terre et des plantes et que les nuages
enfermant le sommet des pics rocheux, leur donnent un petit air mystérieux…
On s’enfonce entre les montagnes en suivant une petite route tortueuse. On grimpe,
on descend, on se retrouve au-dessus des montagnes, à flanc de falaises… La
végétation recouvre tout, falaises comprises et on a l’impression que toujours
plus de plantes veulent pousser bien qu’il n’y ait plus de place. Du coup, les
nouvelles venues s’intercalent partout tant bien que mal. Et puis, dans un village,
entrent de drôles de laotiens dans le bus. Ils ont tous de petits autocollants
blancs triangulaires collés sur les tempes et entre les sourcils et ont l’air
de faire la tête. Ils sont une quinzaine, enfants et adultes. Et… ce sont
des montagnards! Or les montagnards ne supportent pas les transports! On avait
déjà vu ça à Paï en Thaïlande. Au bout d’une demie heure, un véritable festival
de gerbi-gerba commence! TOUS! Ils sont TOUS malades! Et ils n’ont pas tous
le temps d’ouvrir les sachets plastiques prudemment distribués dès leur entrée
par le contrôleur… Il y a du riz mouillé partout par terre qui s’étale au
rythme des virages secs du chauffeur lequel -sans pitié aucune pour ses compatriotes
malades- fonce à toute brinquezingue! Devant nous, ils sont trois penchés à
la fenêtre: la mère, le fils et le père qui a dû se mettre debout sur la banquette
pour pouvoir accéder à la fenêtre et rendre son riz tranquillement au-dessus
de la tête des autres… Finalement, on s’arrête pour étaler des feuilles de
bananier par terre, ils sont plusieurs à y avoir involontairement répandu leur
riz prédigéré et ça commence à être désagréable. Au fait, les autocollants blancs,
c’était sensé protéger du mal des transports…