21 juin 2001
Il pleut sur Sapa, les nuages cachent les belles rizières en terrasses qui
s’offraient hier à la vue de notre chambre. La vallée est mouillée. Alors, on
joue aux cartes avec un anglais, Ben, et deux suédoises, Chrichtine et Ellen.
A midi, on descend à Cat Cat, à travers de super chouettes paysages de rizières
en terrasses. Village Hmong où jouent des mômes en habits bleu-marine traditionnels
de tous les jours, champs où travaillent les paysans, rencontre avec la petite
bergère des cochons chinois et avec le chevrier peu après la cascade. Des Hmongs
très gentils nous font goûter leurs fruits, acides mais bons (genre pomme à
cidre). Ils vivent dans les montagnes vertes et brumeuses, simplement, sans
télé ni mob. Et ils ont l’air heureux. Pourvu qu’ils restent encore longtemps
loin de notre fichue société de consommation qui creuse les écarts et fait les
riches et les pauvres et beaucoup de malheureux. Bien sûr, ici le môme aide
très tôt. Vers 7 ans, il trimballe les frères et surs sur le dos, ramène du
bois ou du riz, c’est lourd. Et ils ne vont pas trop à l’école, quand on demande
à leurs parents pourquoi ils ne mettent pas leurs enfants à l’école, ils répondent
que c’est pour les paresseux. Mais s’ils poursuivent cette vie, en ont-ils vraiment
besoin? Grande question. Lire et écrire, oui, découvrir et avoir envie de plein
de produits manufacturés et d’un mode de vie citadin venant d’occident, est-ce
bien?